Catégorie : Généalogie

VIDEGRAIN Louise Aimable Marie 0

VIDEGRAIN Louise Aimable Marie

Née et baptisée à Orglandes, Louise est la fille unique de Georges François VIDEGRAIN et de Jeanne Anne Gabrielle FRIGOUT.

Naissance : 24 mai 1837 à Orglandes (50 – Manche)
Décès : 21 mars 1907 à Orglandes (50 – Manche)

Son père Georges décède le 26 février 1838, alors qu’elle n’a pas un an.

Au décès de sa mère en Janvier 1858, Louise a presque 20 ans et habite à Etienville.

Signature de Louise VIDEGRAIN
Signature de Louise VIDEGRAIN sur son contrat de mariage (1858)

Contrat de Mariage Jean Louis LEREVEREND – Louise VIDEGRAIN

En vue de leur mariage, Louise Aimable Marie et son futur époux passent devant Me Lelyon, notaire à Picauville, pour rédiger leur contrat de mariage en date du 10 aout 1858.

Sur ce contrat, Louise est domiciliée à Etienville.
Les futurs époux adoptent le régime de la communauté réduite aux acquêts.

Louise apporte “un mobilier composé de : un lit, une armoire, linge de lit, de corps de table et de cuisine, habillement à son usage, batterie de cuisine, meubles meublant qu’elle estime, sans autre détail, à la somme de huit cent francs”.

L’estimation desdits meubles n’en fait pas vente au futur époux et n’en ôte pas la propriété à la future épouse.

Dans les différentes considérations du contrat de mariage, il apparait que “les contractants se font donation pour le survivant de la propriété du mobilier, et de l’usufruit et jouissance pendant la vie du survivant des immeubles et rentes dont le premier mourant sera propriétaire à sa mort.”

Me Lelyon rédige le contrat de mariage en présence des parties, mais aussi du pharmacien, Jean François Sadot, et d’un teinturier, Jean Richard.

Tous les deux demeurent à Picauville.

Extrait du Contrat de Mariage de Jean Louis LEREVEREND et de Marie Louise Aimable VIDEGRAIN

Mariage

Les publications de mariage ont lieu en date des 4 et 11 juillet 1858 dans les communes de Etienville pour Louise et de Reigneville pour Jean Louis.

Promesse de Mariage entre Jean Louis LEREVEREND et Louise Aimable Marie VIDEGRAIN

Le mariage religieux a lieu en l’église d’Etienville le 19 août 1858.

Le mariage civil se déroule à Etienville également.
Louise Aimable Marie épouse donc Jean Louis LEREVEREND le 20 août 1858 à Etienville.

Sur l’acte de mariage, Jean Louis a pour domicile Reigneville-Bocage et exerce la profession de domestique.

Les témoins du mariage sont :
– Alexandre DOREY, Cultivateur, 22 ans
– Pierre BOUILLON, Cultivateur, 44 ans
– Pierre ANQUETIL, Instituteur, 53 ans
– Félix ADAM, Couvreur en Paille, 40 ans
tous domiciliés dans la commune d’Etienville.

Louise est mère de cinq enfants :

  • Marie Désirée (1858 – 1871)
  • Marie Augustine Virginie (1860 – 1893), célibataire, qui aura deux enfants Jacques Jean Louis & Maurice Eugène.
  • Léonard Jean Hyacinthe (1862 – ? ), qui épouse Augustine LEVEZIEL le 3 Aout 1894 à Orglandes dont au moins un enfant.
  • Marie Angélique Joséphine (1868 – ? ), qui épouse Pierre Louis Sébastien BEUVE le 1 Juin 1909 à Vesly.
  • Louis Jean ou Jean Louis (selon les actes) (1877 – ? ) qui épouse Marie Désirée Louise LEVEZIEL le 10 janvier 1908 à Orglandes dont au moins un enfant.

Besoin de vous

Si vous avez un complément d’information par rapport à Virginie, Léonard, Marie ou Louis, n’hésitez pas à me laisser un message en commentaire

La famille déménage à Orglandes

A compter de 1884, on retrouve Jean Louis et sa famille aux Cornets à Orglandes.
Vivent avec Louise et lui, au moins leur fille Virginie et les enfants de celle-ci jusqu’en 1893.

Son époux Jean Louis décède le 6 avril 1900.

Des démêlés judiciaires pour Louise

Premier Jugement

Le 6 janvier 1904, le Tribunal Civil de Valognes, condamne Louise au paiement d’une somme de 1910 francs (fermages1 dus en date du 29 septembre 1903) et une autre somme de 500 francs (pour des fermages en cours ainsi que des dommages et intérêts). Louise doit donc 2410 francs à son débiteur , Mr O.C de Valognes.

Mr O.C ne parvient pas à être payé, et pour obtenir son dû il fait signifier à Louise par Me G., huissier à Valognes, un commandement de payer qui comprend :

  • la somme de 2410 francs représentant le montant en principal de la condamnation prononcée par le Tribunal Civil de Valognes
  • les intérêts échus de cette somme depuis le 16 janvier 1904, jour de l’assignation
  • la somme de 235.90 francs correspondant au montant des frais encourus pour parvenir audit jugement et à son exécution
  • le coût du commandement 3.75 francs

Ledit commandement précise que Louise est contrainte “à paiement par toutes voies et moyens de droit”, et mentionne “de tous leurs immeubles2 pour la vente par expropriation forcée”.

Ce commandement est resté infructueux et sans effet. Me G, huissier à Valognes, sur requête de Mr O.C., procède donc en date du 8 juillet 1904 à la saisie des immeubles appartenant à Louise Aimable VIDEGRAIN.

Second Jugement – Vente des biens de Louise VIDEGRAIN

L’annonce de la vente des biens de Louise Aimable VIDEGRAIN est faite par voie de presse . Dans le “Journal de l’Arrondissement de Valognes”, on apprend qu’une vente par expropriation forcée a lieu le 24 Octobre 1904 au Tribunal Civil de Valognes.

Cette vente est répartie en 3 lots et se fera à la chandelle :

Ces immeubles appartiennent à Louise pour les avoir recueillis lors des successions de son père Georges VIDEGRAIN et sa mère Jeanne FRIGOUT.

  • une pièce de terre de 70 ares en herbage planté dite “les Hauts Vents” sur la commune d’Orglandes, connu aussi sous le nom “Clos & Chasse du Grand Chemin”
  • une pièce de terre de 40 ares en herbe planté dit “le Clos Riche” et située à Etienville
  • une pièce de terre (Jardin légumier) avec un bâtiment en ruines situé au Hameau de la Lande pour une superficie de 9 ares

La mise à pris de ces lots représente une somme de 825 francs, et l’adjudication a lieu le 24 octobre 1904 au Tribunal Civil de Valognes.
Le premier lot va connaitre une surenchère et l’adjudication se fera pour 846 francs, le second sera adjugé pour 500 francs et enfin la pièce de terre mise à pris à 25 francs sera adjugée pour 125 francs.
A la suite de la vente de ces trois lots, Louise doit abandonner immédiatement la possession et la jouissance de ces immeubles.

Extrait du Journal de l’Arrondissement de Valognes en date du 23 septembre 1904

Succession de Louise

Louise décède le 21 mars 1907 à Orglandes.

Lors de la déclaration du 27 février 1914, Louise laisse pour héritiers, ses trois enfants lui survivant :

  • Léonard Hyacinthe Jean, époux LEVEZIEL
  • Marie Joséphine Angélique, veuve de BEUVE et domiciliée à Vesly
  • Louis Jean, qui est Journalier à Orglandes
Extrait de la Succession de Louise Aimable Marie VIDEGRAIN

De la succession il dépend entre autres :

  • Une portion de terrain (cour + jardin) où existait une maison à Etienville et qui a été vendue en Juillet 1913
  • La moitié de la somme récupérée lors de l’adjudication d’octobre 1904.

Réflexion

Suite au décès de Jean Louis LEREVEREND, Louise VIDEGRAIN a été contrainte de vendre des biens qui constituaient son héritage du fait de dettes sur des fermages. Ces biens sont issus de la succession de ses parents.
En obtenant le jugement de l’expropriation, on apprend qu’il y a un autre jugement.

  1. Fermage : Mode de faire-valoir d’un bien foncier. Le propriétaire cède l’usage de ce bien à un locataire (fermier) contre une redevance annuelle fixée lors de l’établissement du bail. Cette redevance ne varie pas selon les résultats économiques obtenus par le fermier ↩︎
  2. Immeuble : Se dit d’un bien fixe, d’un fonds de terre et de ce qui y est incorporé. Il ne s’agit pas de l’immeuble d’habitation comme nous le connaissons aujourd’hui ↩︎

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Jean Louis LEREVEREND

Naissance : 27 juillet 1832 à La Bonneville (50 – Manche)
Décès : 6 avril 1900 à Orglandes (50 – Manche)

Signature de Jean Louis sur l’acte
de baptême de sa fille Virginie

Jean Louis (sosa 82) perd ses parents assez rapidement.
Sa mère Marie LE TERTRE décède alors qu’il n’a que 19 ans.
Son père Pierre Julien décède en Septembre 1854, alors qu’il a 22 ans.

Jean Louis n’apparait pas sur les actes de décès de ses parents.

Il habite Reigneville jusqu’en 1858 environ.

Contrat de Mariage Jean Louis LEREVEREND – Louise VIDEGRAIN

En vue de leur mariage, Jean Louis et sa future épouse passent devant Me Lelyon, notaire à Picauville, pour rédiger leur contrat de mariage en date du 10 aout 1858.

Sur ce contrat, Jean Louis est cultivateur et domicilié à Etienville. Les futurs époux adoptent le régime de la communauté réduite aux acquêts. Chacun des époux conserve l’entière propriété des biens acquis avant le mariage.

Jean Louis dispose de “400 francs consistant en ses linges et vêtements et un numéraire”.

Dans les différentes considérations du contrat de mariage, il apparait que “les contractants se font donation pour le survivant de la propriété du mobilier, et de l’usufruit et jouissance pendant la vie du survivant des immeubles et rentes dont le premier mourant sera propriétaire à sa mort.”

Extrait du contrat de Mariage LEREVEREND x VIDEGRAIN
Extrait du contrat de mariage de Jean Louis LEREVEREND
et Louise Aimable Marie VIDEGRAIN

Me Lelyon rédige le contrat de mariage en présence des parties, mais aussi du pharmacien, Jean François Sadot, et d’un teinturier, Jean Richard. Tous les deux demeurent à Picauville.

Mariage

Les publications de mariage ont lieu en date des 4 et 11 juillet 1858 dans les communes de Etienville et Reigneville.

Promesse de Mariage entre Jean Louis LEREVEREND et Louise Aimable Marie VIDEGRAIN
Promesse de Mariage entre Jean Louis LEREVEREND et Louise Aimable Marie VIDEGRAINCopie écran AD 50

Le mariage religieux a lieu en l’église d’Etienville le 19 août 1858.

Le mariage civil se déroule à Etienville également.
Jean Louis épouse donc le 20 août 1858 Louise Aimable Marie VIDEGRAIN à Etienville.

Sur l’acte de mariage, il est noté que Jean Louis est domicilié à Reigneville exerçant la profession de domestique.

Les témoins du mariage sont :
– Alexandre DOREY, Cultivateur, 22 ans
– Pierre BOUILLON, Cultivateur, 44 ans
– Pierre ANQUETIL, Instituteur, 53 ans
– Félix ADAM, Couvreur en Paille, 40 ans
qui sont tous domicilié dans la commune d’Etienville.

Jean Louis est père de cinq enfants :

  • Marie Désirée (1858 – 1871)
  • Marie Augustine Virginie (1860 – 1893), célibataire, qui aura deux enfants Jacques Jean Louis & Maurice Eugène.
  • Léonard Jean Hyacinthe (1862 – ? ), qui épouse Augustine LEVEZIEL le 3 Aout 1894 à Orglandes dont au moins un enfant.
  • Marie Angélique Joséphine (1868 – ? ), qui épouse Pierre Louis Sébastien BEUVE le 1 Juin 1909 à Vesly.
  • Louis Jean ou Jean Louis (selon les actes) (1877 – ? ) qui épouse Marie Désirée Louise LEVEZIEL le 10 janvier 1908 à Orglandes dont au moins un enfant.

/!\ Besoin de vous

Si vous avez un complément d’information par rapport à Virginie, Léonard, Marie ou Louis, n’hésitez pas à me contacter ou me laisser un message à la suite de cet article.

Jusqu’en 1868, Jean Louis habite à Etienville au Hameau de la Lande, au nord de la commune d’Etienville en direction d’Orglandes.

Jean Louis LEREVEREND déménage à Orglandes

A compter de 1884, on retrouve Jean Louis et sa famille aux Cornets à Orglandes.
Vivent avec lui et son épouse, au moins sa fille Virginie et les enfants de celle ci jusqu’en 1893.

Jean Louis décède à Orglandes, le 6 avril 1900.
Il est inhumé dans le cimetière d’Orglandes.

Des informations dans sa succession

Lors du traitement de sa succession, son épouse Louise Aimable Marie VIDEGRAIN ainsi que 3 de ses enfants (Léonard, Marie et Louis) sont désignés héritiers.

On apprend sur ce document qu’une acquisition a été faite par le couple : une maison située à Orglandes.

Extrait de la succession de Jean Louis LEREVEREND


Située juste au sud du ‘hameau des trois maisons’, route de la Lande, cette maison n’existe plus aujourd’hui.
Un bosquet d’arbres l’a remplacée. Toutefois au milieu de la végétation il apparait encore un bout de mur (cf photo ci-contre).

Si on utilise Google Maps, on trouve une vue de septembre 2009 qui laisse apparaitre également le toit de la maison.

Je suis passé, bien évidemment, par cette route en Mai 2024. J’ai pu constater que la maison s’était écroulée, seuls quelques murs subsistent au milieu des arbres qui occupent dorénavant la totalité des parcelles.

Ruines de la maison ayant appartenu à
Jean Louis LEREVEREND et Marie VIDEGRAIN
Le plan cadastral de 1828 identifie déjà
cette maison (surlignée en jaune)
Vue aérienne de la maison située à
Orglandes entre 1950 et 1965 (Source IGN)

Réflexion

Professionnellement, Jean Louis semble avoir été principalement domestique puis cultivateur. Mais alors qu’il est reconnu domestique, il est mentionné cultivateur avant son mariage. C’est la seule fois où je le trouverai avec cette profession, le reste du temps il est considéré comme Domestique.
La découverte de la maison située route de la Lande me laisse une drôle d’impression vu que je suis passé assez souvent à cet endroit entre les années 80 et 90. A cette période la maison devait encore être encore visible.


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LEREVEREND Marie Augustine ‘Virginie’

Naissance : 28 octobre 1860 à Etienville (50 – Manche)
Décès : 21 avril 1893 à Orglandes (50 – Manche)

Etienville

Marie Augustine Virginie LEREVEREND voit le jour à 4 heures du matin le 28 octobre 1860 à Etienville (Manche).
Elle est la fille de Jean Louis LEREVEREND et de Louise Aimable Marie VIDEGRAIN.
Les deux témoins du déclarant de cette naissance sont également des témoins du mariage :
– Pierre ANQUETIL, Instituteur 56 ans d’Etienville
– Alexandre DOREY, Cultivateur 23 ans d’Etienville.

Acte de Baptême, LEREVEREND Virginie, Eglise d'Etienville 28 Octobre 1860
Acte de Baptême, LEREVEREND Virginie, Eglise d’Etienville 28 Octobre 1860

Baptisée le même jour en l’église d’Etienville, elle a pour parrain Pierre FRIGOUT (demeurant à Etienville) et Virginie LEPORTOIS (demeurant à Gourbesville).

Virginie, puisque c’est le prénom qu’elle utilise, est la cadette d’une fratrie de 5 qui se compose de la manière suivante :

  • Marie Désirée (1858 – 1871)
  • Marie Augustine Virginie
  • Léonard Jean Hyacinthe (1862 – ? )
  • Marie Angélique Joséphine (1868 – ? )
  • Louis Jean ou Jean Louis (selon les actes) (1877 – ? )
Signature de Virginie LEREVEREND
Signature de Virginie sur le seul document
où elle apparait (acte de naissance de son frère)

Le 18 aout 1877, toujours domiciliée à Etienville elle devient la marraine de son frère Louis Jean né le même jour.
Virginie signe ledit acte de Baptême.

Elle exerce en tant que domestique, (confirmation sur l’acte de naissance de son premier enfant Jacques Louis Jean en 1884). Après avoir grandi à Etienville, la famille est dorénavant domiciliée à Orglandes.

Deux ans plus tard, toujours chez ses parents, toujours au même endroit, elle donne naissance à son second enfant : Maurice Eugène.

Ses deux enfants sont déclarés en mairie par leur grand-père, Jean Louis LEREVEREND. Ils sont issus de père(s) inconnu(s).

A Orglandes, une (courte) vie de domestique pour Virginie

Difficile de dire en l’état actuel en quoi consistait son travail.

Toutefois au vu de son parcours de vie (domestique, vivant chez ses parents et célibataire avec deux enfants), il est possible d’envisager qu’elle était servante dans une grande maison ou un château.

Le site “Histoires d’antan et d’à présent” dresse un portrait fort intéressant de la domesticité à cette époque en plusieurs pages (Partie 1, Partie 2 & Partie 3).

L’étude menée précise :

(…) Etre bonne, c’est s’exposer à être enceinte (souvent des œuvres du maître de maison voire de son fils). (…) Et comme les maîtres ne veulent pas de domestiques mariées, celles si sont en plus quasi toujours célibataires (…).

On note la présence de deux châteaux à Orglandes : celui de Crosley, à proximité des Cornets, et celui de Rouville au nord de la commune (plus éloigné). On trouve aussi le Manoir de la Hougue situé encore plus près.
Il s’agit là de pure spéculation, car il me semble difficile, plus d’un siècle après, de trouver des traces du passage de Virginie dans telle ou telle maison.

Virginie LEREVEREND décède le 21 avril 1893 à 8h du soir, à Orglandes en laissant deux orphelins en bas age.
Le décès est déclaré par Jean LEVEZIEL, garde champêtre et Léon AVOINE, Instituteur, tous les deux d’Orglandes.
A son décès Virginie est sans profession et domiciliée chez son père, au lieudit les Cornets.

A aucun moment on ne trouve mention de son nom comme témoin ou présente à un évènement sur les actes d’Etat Civil de la commune d’Orglandes entre la naissance de son premier enfant et son décès.

Dans les tables de successions du Bureau de St Sauveur le Vicomte, Virginie a pour profession ménagère. Célibataire, elle laisse pour héritière de ses biens ses parents vivants. Elle “habitait avec ses parents et ne possédait rien”.

On ne trouve pas mention faite de ses enfants, Jacques et Maurice.

Réflexion

Il aurait été intéressant d’avoir plus d’éléments sur la vie de Virginie, mais cela me semble compliqué (connaitre son employeur, la garde de ses enfants après son décès).
Chez qui ont ils été en nourrice? Je pense aux grands parents, mais aucune certitude.
C’est dans un cas comme celui ci que les recensements de la Manche sont cruellement manquants.
J’attends un retour de la mairie d’Orglandes concernant une copie intégrale de son acte de décès, mais le document se fait désirer.


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A la recherche de Maurice Eugène LEREVEREND


En commençant ma recherche sur Maurice Lerévérend, mon Arrière Grand Père Maternel, je ne pensais pas que j’y passerai autant de temps. Ni que je trouverai autant d’informations, même si cela reste incomplet à ce jour !

D’origine modeste, Maurice me paraissait être un ancêtre comme un autre. Vu qu’il était cultivateur, je ne pensais trouver que des informations basiques, en plus des informations liées à sa descendance.

Un état civil assez simple

En partant des éléments liés à son fils – Naissance, Mariage, Décès -, je retrouvais assez facilement, les dates de naissance, de mariage et de décès de Maurice Eugène

C’était sans compter une nouvelle source d’informations que je ne connaissais pas et dont je n’ai découvert l’existence que fin 2022 :

Les registres de recensement militaire.

En effet, en lisant quelques blogs, j’ai appris qu’il existait des registres accessibles par le biais des Archives Départementales et que ceux-ci permettaient de reprendre un éventuel parcours militaire d’une personne.

Pour la Manche, ils sont accessibles sur cette page.

Un saut dans l’inconnu

Avec cette découverte, je me suis lancé dans la recherche d’informations complémentaires sur mes ancêtres avec une question en tête : ont ils participé à un conflit quelconque?

Je me penche alors sur le cas de Maurice LEREVEREND.

Je tombe des nues : une quantité importante d’informations vient rejoindre un état civil plutôt simple (jusque là).

Non seulement j’y apprends que Maurice a été engagé lors de la Grande Guerre. Mais j’y découvre aussi qu’il fut porté disparu lors d’une offensive allemande puis ensuite prisonnier de guerre.

Je venais alors de mettre le doigt dans quelque chose qui allait me valoir des centaines d’heures de recherche, et qui à la date où j’écris ces lignes ne sont pas achevées.

Nous sommes donc très loin du speed-run évoqué précédemment.

Première étape : le combattant du 6ème régiment du Génie

Je me suis penché sur le parcours militaire de Maurice, et ait donc recherché des informations sur le 6ème Génie basé à Angers.

Comment savoir dans quelle compagnie était engagée mon ancêtre ? Quel parcours a t’il suivi avant de disparaitre dans l’Aisne en mai 1918?

Une piste : les Journaux de Marche & Opérations qui nous donnent le parcours des régiments lors du conflit. Piste fastidieuse : à cette époque, il y a 4 bataillons et chacun comporte une dizaine de compagnies.

J’ai alors repris tous les journaux disponibles sur le site Mémoire des Hommes en me limitant à la période de fin mai 1918.

A l’issue de ce travail de fourmi, j’ai identifié deux compagnies (celles qui étaient au front dans le secteur de Aizy Jouy, dans l’Aisne à la date de sa disparition) : la 11/4 et la 11/1.

Maurice LEREVEREND devait être dans l’une de ces deux compagnies.

Mes recherches se sont limitées à ces informations, en me demandant comment je pourrais avoir plus d’éléments.

Seconde étape : le prisonnier de Guerre

La Croix Rouge

Comment trouver des informations sur un prisonnier de guerre dont on connait les camps d’internement dans lesquels il a séjourné : Cassel-Niederszwehren, Bad-Langensalza & Merseburg.

Le Comité International de la Croix Rouge rend disponible des listes de prisonniers de guerre (https://grandeguerre.icrc.org/fr/).

Chose surprenante, Maurice n’apparait pas dans ces listes, malgré plusieurs recherches sur différentes formes du nom de famille (voir plus bas pour les explications)

La presse

Maurice apparait dans le journal ‘La Gazette des Ardennes’ dans sa parution du 12 septembre 1918. Sous le nom de LEREVERENT, Maurice apparait identifié comme venant de Vindefontaine et rattaché au 6ème Génie.

Dans cette même édition, on trouve d’autres soldats du 6ème Génie faits prisonniers et dans le même camp que Maurice : Cassel-Niederzwehren.

Gazette des Ardennes - Information de la Captivité de Maurice Lereverend

Je les note au cas où…

Et là je marque un nouvel arrêt dans l’avancée des recherches.

Point de blocage sur mes recherches concernant Maurice Lerévérend

En effet, je ne trouve pas d’informations sur les camps. Pas de listes d’internements, pas de traces de passage, et je ne sais pas comment progresser pour avoir plus d’informations sur le parcours en tant que prisonnier.

Il me faut quelques éléments pour illustrer le blog que je suis en train de mettre en place. Par conséquent, je continue de chercher des informations sur les camps, histoire de m’imprégner de ces quotidiens pas toujours faciles.

Je scrute différents sites pour trouver illustrations ou photos. Je trouve des vues des camps mais pas de listes.

Le site ‘Chtimiste‘ me permet de trouver des photos de prisonniers, et de voir passer beaucoup de noms mais pas celui dont j’effectue la recherche.

Je continue donc à chercher…

Quelques informations supplémentaires

Toutefois, une visite rendue à mon père début Septembre 2023 me permet de récupérer des éléments que je ne connaissaient pas. Ceux ci m’ont offert la possibilité de mettre un visage sur le nom de Maurice.

LEREVEREND Maurice Eugène

Mais aussi un parcours plus précis.

Il s’agit de documents familiaux que ma tante Eliane et mon cousin David nous ont mis à disposition.

Qu’ils en soient remerciés.

Deux cartes postales et une photo m’apportent la solution. En 1916, Maurice est engagé à la Compagnie 11/4, 3ème section du 6ème Génie.

A l’issue de cette visite, je dispose maintenant de plusieurs photos de mon arrière grand père (mais pas que…). Je ne saurai décrire la satisfaction liée à l’obtention de ces informations.

Mais pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ?

J’étais en train de finaliser l’article concernant Maurice pour le publier fin Octobre 2023, quand je me suis souvenu avoir noté les noms d’autres soldats du 6ème Génie fait prisonniers (cf plus haut). Pourquoi ne pas chercher sur les listes du CICR, si je trouve l’un des noms de prisonniers?

Le premier nom choisi me permet de trouver le sapeur en question : LEHUNSEC, et un peu plus haut Maurice LEREVERENT !

Depuis 6 mois j’avais cette information dans un coin de fichier, sans avoir pensé à me servir d’autre points d’entrée. Une recherche par d’autres soldats du 6ème Génie s’imposait !

Ce qui me permet de déterminer une étape supplémentaire du parcours de Maurice…

Et pour les autres camps d’internements ?

Comment faire pour retrouver plus d’informations sur le parcours ?
Certes, j’ai un camp d’internement, mais quelles sont les dates de passage des autres?

En réitérant la même technique, vu que je n’ai pas de fiche, le concernant.
Chercher un soldat fait prisonnier en même temps que Maurice et qui a fait les mêmes camps que lui.
Très fastidieux, mais efficace. Celà m’a permis de trouver Maurice dans un camp qui n’est pas recensé sur sa fiche de recensement militaire : Friedrichsfeld.

Difficile de trouver d’autres correspondances et d’autres informations, alors je commence à lire toutes les listes que je trouve.
Après plusieurs milliers de pages de listes de prisonniers lues, j’ai stoppé ma recherche.
En effet ce travail fastidieux n’apportait pas de piste.
J’ai alors pris le parti d’adresser un mail à la Croix Rouge, en reprenant des éléments trouvés sur Maurice et que j’ai déjà répertoriés.

Après quelques jours d’attente j’ai obtenue une réponse du CICR :

En voici un extrait :

Je suis vraiment désolée de lire tous les efforts que vous avez dû mettre en œuvre afin de trouver les données concernant votre ancêtre sur notre site. Il s’avère qu’après vérification, sur les cinq millions de fiches en ligne, une cinquantaine de fiches manquent sur le site, dont celle de Monsieur Lerévérand Maurice. Par contre, cette fiche a été numérisée. Vous la trouverez en fichier attaché à ce message.

En la consultant, vous verrez que ces 20 heures de recherches vous ont permis de trouver toutes les données le concernant. Nous ne possédons en effet que 2 listes à son sujet.

Nos archives sont constituées de renseignements transmis par les puissances détentrices, les délégations du CICR et les Sociétés Nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge durant les conflits. Certaines listes n’ont jamais été établies, d’autres ne nous sont jamais parvenues. Nos sources ne sont donc pas exhaustives.

Je tiens également à vous remercier pour votre message qui nous a désormais permis d’identifier ces fiches manquantes et, à terme, à pouvoir les intégrer sur le site.”

Mail de Fania K. en date du 10 novembre 2023 – CICR

Je n’aurai rien de plus de ce côté là, mais mon mail au CICR aura permis de retrouver le scan de ce petit bout de carton et les deux pages que j’ai déjà trouvé.

Toutefois je sais que sur le document issu des registres matricules, il est noté que Maurice a été au camp de Merseburg en provenance du camp de Langensalza.
Le ministère des armées à peut être réceptionné une liste de prisonniers qui n’a pas été transmise au CICR.

Ca ne suffit pas, il me faut en savoir un peu plus.


To be continued….

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LEREVEREND Maurice Eugène

Naissance : 13 juin 1886 à Orglandes (50 – Manche)
Décès : 21 Juillet 1933 à Vindefontaine (50 – Manche)

Maurice est le second fils naturel de Marie Augustine Virginie LEREVEREND (Sosa 41).

Déclaré à l’état civil par son grand père Jean, le 14 Juin 1886 en présence du buraliste et d’un instituteur de la commune, il grandit chez ses grands parents. Sa mère est avec lui et son frère. Il a seulement sept ans quand, le 23 avril 1893, il perd sa mère.

Quand Maurice a 14 ans, son grand-père décède. L’absence de recensement dans la Manche sur cette période, ne me permet pas de préciser chez qui il était alors domicilié, soit chez sa grand-mère ou éventuellement un tuteur membre de la famille.

En 1907, lors de son recensement militaire, Maurice est toujours domicilié à Orglandes chez son tuteur, confirmant ainsi l’hypothèse d’un placement.

Sa grand mère décède en mars 1907.

Ce tuteur peut il être son oncle Léonard , un grand oncle ou tout simplement une autre personne.
L’option de la grand mère Louise VIDEGRAIN, semble à exclure.
Difficile à déterminer, sans avoir plus de documents familiaux ou des jugements.
A noter que lors du décès de sa grand mère en 1907, Maurice n’est pas nommé ni présent.


Parcours Militaire

Incorporé au 6ème Régiment du Génie, basé à Angers, il y arrive le 7 octobre 1907 et y reste en tant que Sapeur Mineur. Il effectue son service Militaire pendant deux ans et sera libéré le 9 septembre 1909 en obtenant un certificat de bonne conduite. Dans le cadre de ses obligations militaire, il effectue une période d’exercices, toujours au 6ème Régiment du Génie du 20 février au 14 mars 1911, toujours à Angers.

Première Guerre mondiale

Appelé lors de la mobilisation générale du 1 août 1914, il rejoint le 6ème Régiment du Génie à Angers le 3 du même mois.

Maurice est affecté à la 4ème compagnie du 11ème Bataillon sous le commandement du Capitaine PRIAUD. Cette compagnie comporte 4 officiers et 264 hommes en mars 1915.

La compagnie est basée à Angers pendant les premiers mois de la guerre, et rejoint le front le 8 août 1915. Le trajet s’effectue en train conjointement avec la 3ème compagnie et le convoi arrive à Challerange dans les Ardennes le 10.

Il reste au front jusqu’au 23 octobre 1915, avant d’être évacué pour maladie.

Maurice reste à l’arrière, loin du front

Il ne réintègre son régiment que le 30 décembre de la même année.

Maurice, Sapeur Mineur

Incorporé en tant que sapeur mineur de seconde classe dans le 6ème Régiment du Génie, Maurice se trouve à Angers.

Les Journaux de Marche & Opérations nous permettent de suivre le quotidien de la 4ème compagnie du 11ème bataillon.
Ces journaux, comprenant 8 volumes et plus de 600 pages, offrent un aperçu détaillé de la vie quotidienne de la 11/4 pendant la Première Guerre Mondiale. Vous pouvez les consulter sur le site Mémoire Des Hommes.

On apprend que la compagnie stationne dans l’Aisne, à proximité de Aizy-Jouy, dans la zone de Bois Marcon.

Le J.M.O. référencé 26N1291/14 précise : “27 mai 1918 : A 1 heure déclenchement du tir d’artillerie ennemi sur les positions avant & arrière par obus toxiques et explosifs. Nos troupes se repliant, le Parc de la Cie quitte le cantonnement du Bois Marcon & passe l’Aisne sur les Ponts de Vailly à 9 heures se dirigeant vers Chassemy.”

6ème Régiment du Génie  - Pertes offensive mai 1918
Les pertes de la compagnie 11/4 lors
de l’attaque allemande du 27 mai 1918

C’est lors de ce repli suite à l’attaque allemande que disparait Maurice. Il est alors considéré comme disparu.

Décédé? Prisonnier ? On ne le saura que plus tard !

Prisonnier de Guerre

Quelques temps après cette disparition, le nom de Maurice apparait dans le numéro du 12 septembre 1918 de la Gazette des Ardennes (Journal de propagande allemande en langue française, pour les territoires occupés).

A ce moment, on apprend l’internement de Maurice dans le camp de Cassel-Niederzwehren et s’y trouvent différents sapeurs du 6ème Génie :

  • Maurice LEREVEREND de Vindefontaine (Manche)
  • Jean LEBAULAIN de Landelle (Morbihan)
  • Pierre LE BAUT de Pleyben (Finistère)
  • François LELOUP d’Arche-en-Rouge (Indre et Loire)
  • Albert LEHUNSEC de Lorient (Morbihan)
  • Théophile LE GAL de Crédin (Morbihan)
  • Pierre LOUBOUTIN de Pouldavède (Finistère)
  • Marcel MALLE de Saint Laurent (Tarn)
  • Joseph MARIN de Lalande (Vienne)
Extrait de la Gazette des Ardennes
Edition du 12 septembre 1918

Aucune fiche individuelle de la base des prisonniers de la Croix Rouge ne laisse apparaitre le nom de LEREVEREND ou de REVEREND (différentes variantes ont été testées sans avoir plus d’information).

Les camps d’internement fréquentés par Maurice Lerévérend

Cassel-Niederzwehren

Par contre en feuilletant les listes de la Croix Rouge, j’ai pu trouver un indice qui m’a amené à découvrir le passage de Maurice par le camp de Cassel.

Entête de la liste n°542 des prisonniers du camp de Cassel en date du 26 juin 1918
Ci dessus la ligne précisant la présence au camp de Cassel de Maurice LEREVEREND,
en provenance du front ‘Chemin des Dames’. A noter l’écart sur la date de naissance.
Autre information la personne à prévenir : Mme Vve VINCENT, à savoir sa future épouse : Marie MASSON
Friedrichsfeld

Après avoir été à Cassel, on trouve le transfert de Maurice vers le camp de Friedrichsfeld.

Ce camp n’est pas mentionné sur sa fiche.

Entête de la liste n°78 des prisonniers du camp de Friedrichsfeld en date du 15 juillet 1918
Le plus proche parent noté sur cette liste de prisonnier est M.LEREVEREND à Oglande

Mise à jour du 09/12/2023 : La recherche des éléments auprès de la Croix Rouge, suite à une de mes demandes, permet d’apprendre que les listes numérisées ne sont pas exhaustives. Il peut y avoir des oublis, c’était le cas de Maurice (cf cet article).

Il va me falloir essayer de récupérer le dossier militaire de Maurice.

Maurice fréquente donc plusieurs camps de prisonniers en 6 mois :

  • Cassel-Niederzwehren
    Premier camp d’internement effectué, à compter du 26 juin 1918, il y aurait beaucoup à dire sur la vie des prisonniers à Nierderzwehren (mauvais traitements, épidémies,…).
    Situation Géographique : Est de Dortmund / Sud de Hanovre.
  • Friedrichsfeld
    Situation Géographique : proximité de Duisbourg & Cologne
  • Bad Langensalza
    à 75 km à l’est-sud-est de Cassel.
  • Merseburg
    Situation Géographique : Est de Leipzig à près de 1000 km du domicile de Maurice

Le site Chtimiste.com à visiter impérativement

A partir du moment où j’ai trouvé trace de combattants de la Grande Guerre dans mes ancêtres, j’ai voulu retrouver des portraits, des témoignages, des photos des champs de batailles, des camps de prisonniers. Je suis très vite arrivé sur le site de ‘Le Chtimiste’. Une immense base de données (photos, récits, témoignages, …) simple d’utilisation qui nous permet de revivre ce qu’il s’est passé il y a un peu plus d’un siècle.

Les deux images de la seconde ligne sont gracieusement mises à disposition par le Musée Culturel de Merseburg suite à ma demande. Qu’ils en soient remerciés. (mise à jour du 09/12/2023)


La libération de Maurice intervient le 8 décembre 1918, un mois après l’armistice et se rend au D.G.J. de la Xème région militaire 6 jours plus tard.

Il reste pour moi encore des zones d’ombre dans le parcours du combattant de Maurice Lerévérend, mais je ne désespère pas de trouver de plus amples informations.


L’après Guerre – Maurice Lerévérend rentre à Vindefontaine

Démobilisé le 4 avril 1919, Maurice se retire au village de la Maresquerie à Vindefontaine.

Le 13 mai 1919, Maurice Eugène LEREVEREND épouse Marie Augustine Clémence MASSON à Vindefontaine en présence du père de la mariée.

Ils se connaissent depuis au moins 4 ans, puisqu’ils ont échangé une correspondance pendant la guerre.

Ils vivent ensemble à la Maresquerie.

Conflit de voisinage

En 1926, quelques petits soucis de voisinage font apparaitre Maurice LEREVEREND dans la presse.

Malheureusement pas de recensements disponibles dans la Manche, ce qui aurait été bien utile pour confirmer que Maurice & Mélina LUCE étaient bien voisins. Tous ces documents ont disparu lors du bombardement de Saint Lô en Juin 1944. Bombardements qui ont réduit la ville et les Archives Départementales en cendres.

Le 8 octobre 1920 nait son fils Maurice Jean Baptiste Alphonse, mon grand-père maternel.

Maurice Eugène LEREVEREND décède en son domicile de la Maresquerie (Vindefontaine), le 21 juillet 1933.

Réflexion

Le parcours militaire de Maurice m’a fait découvrir son statut de prisonnier de guerre, et je n’en savais rien. Retracer ce parcours a été complexe.
Il y a toujours des informations que l’on doit déconstruire quand on fait de la généalogie. Les fameuses légendes qui traversent les âges, mais là c’est un cas de figure opposé. Il faut construire un parcours. J’ai été très surpris de cette découverte. Jamais je n’avais entendu parler d’un Arrière Grand Père ayant fait la Grande Guerre et encore moins Prisonnier.

Cette étape de sa vie n’a pas été gardée dans la mémoire familiale ou bien elle n’a jamais été abordée.
Les différentes personnes survivantes interrogées n’avaient pas connaissance de ce statut de prisonnier.

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Un trublion FEREY

Il est assez fréquent de faire de la recherche dans les registres de l’état civil afin de trouver des compléments d’informations. C’est ce que j’ai fait pour bon nombre de mes familles FEREY que ce soit à Picauville ou à Montebourg.

Cela a d’ailleurs consisté en plusieurs week-ends récents de recherches pour arriver à reconstituer des familles.

Image générée par Intelligence Artificielle représentant une feuille de papier cachée derrière des feuilles d'arbres dessinées sur du papier

Passer de page en page est très fastidieux pour plein de raisons, mais parfois nécessaire pour comprendre l’environnement des familles, et la vie de leurs membres. Nous ne sommes pas là pour finir notre généalogie en quelques semaines.

Aussi quand vous cherchez une naissance pour un couple, il est assez fréquent de passer jusqu’à la fin du registre, en se disant : “Une naissance cette année c’est suffisant, il reste quelques mois, il n’y aura pas forcément d’autres informations”.

Cet article vous prouvera que ce n’est pas ce qu’il faut faire.

Recherche dans les registres de Picauville des enfants FEREY

Je cherchais donc des informations sur mes FEREY (ou FERRET ou FERET ….) sur la commune de Picauville dans la Manche. Ce qui représente quelques heures de travail dans des registres du début XVIIIème siècle. En effet Picauville semble être l’un des berceaux FEREY de la Manche.

Et je trouve la naissance de Sosa 288 : FEREY Jean Baptiste.

Je capture l’acte, le sauvegarde et passe la fin du registre. Puis je prends les années suivantes pour chercher les autres composants de la fratrie.

Celle-ci se constitue progressivement, puis après 10 ans sans trouver de naissance, j’abandonne la recherche des composantes de cette fratrie et me concentre sur les décès des parents, situé quelques années plus tard.

Mais qui est il?

J’ai enfin le décès de Sosa 576 : FEREY Jean. L’âge correspond à peu près. Je commence à lire l’acte pour me rendre compte que l’inhumation de Jean se déroule en présence, entre autres, de Bernardin FEREY son fils.

Son fils? Soit ce n’est pas le bon Jean FEREY, soit c’est impossible ! Le soucis c’est que je ne trouve pas d’autre Jean dans les registres. Par ailleurs, j’ai toute la fratrie sous les yeux et il n’y a pas de trace de Bernardin.

Il est tard, mais hors de question de laisser tomber cet imbroglio. Alors, après vérification des informations que j’ai, je reprend ma recherche dans les registres depuis le mariage en 1727 et j’épluche les années…

Et cette fois ci je ne saute aucune page !

On recherche un Ferey à Picauville, et on en trouve 2 !

Pour arriver à 1734, l’année de naissance de Sosa 288, je retrouve celle-ci, page 54, je vois qu’il est marqué “Transposition” de manière marginale.

Acte Baptême FEREY Jean _ Février 1734
Acte de Baptême de Jean FEREY, fs de Jean et de Catherine CASTEL, le 19 février 1734.

Puis je continue jusqu’à la dernière page et trouve la naissance d’un Bernardin FEREY, fils des sosas 288 et 289.

Acte Baptême FEREY Bernardin _ Février 1734
Acte de Baptême de Bernardin FEREY, fs de Jean et de Catherine CASTEL, le 19 février 1734.

J’ai donc dans le même registre, à 6 pages d’écart la naissance de 2 frères nés à la même date, nommés par deux personnes différentes.

Le premier l’est par Jean et Marguerite LE CAUVE, frère et sœur. Le second par Jean François LEVAVASSEUR.

Mais à quoi correspond le terme ‘transposition’ sur un registre

C’est la question que je me suis posée.

La définition est :

Fait qu’une chose soit placée avant ou après la position qu’elle devrait normalement occuper dans une série.

Site : Lalanguefrancaise.com

La naissance de Jean a été replacée entre le 11 et le 12 aout 1733 dans le registre.

Pourrait il s’agir d’une naissance à cette date et la date indiquée, soit le 7 février 1734 est la date à laquelle la transposition a été effectuée?

Mais si on a une naissance de Jean en août 1733, il semble difficile que Bernardin puisse naitre le 19 février, soit 6 mois plus tard. C’est possible, mais difficilement envisageable pour l’époque.

J’ai passé un peu de temps pour comprendre cette situation. J’avoue coincer et ne pas être allé plus avant.
Avez vous une idée ou explication?

SI c’est le cas, n’hésitez pas à laisser un commentaire suite à l’article.

Pour conclure

En plus de trouver un nouvel enfant à ce couple de Sosas FEREY, j’ai gagné une morale pour mes recherches. Interdiction de sauter une page de registre lorsque l’on fait de la généalogie 😊.

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FERRET Pierre Jacques François

Naissance : 5 Janvier 1884 – Saint Martin d’Audouville (50 – Manche)
Décès : 13 Juillet 1915 – Fosseux (62 – Pas de Calais)

Fils de FERRET Auguste Pierre Maurice & de PALLAS Marie Joséphine.
Il n’est pas un ancêtre direct, mais le frère de Jacques Pierre Auguste FERRET (Sosa 18).


En 1904, il effectue son service national. On y apprend qu’il souffre d’une hypertrophie du cœur, mais qu’il est aussi de petite taille : 1m59

Description physique de Pierre Jacques François FERRET
Site Mémoire des Hommes - Copie de la fiche de Pierre Jacques François FERRET
Copie de la fiche sur le site Mémoire des Hommes

En 1909, Pierre réside à Saint Martin d’Audouville.

Il épouse Marie Louise Augustine Eugénie LEROUX le 24 Aout 1909 à Saint Germain de Tournebut.
Source : AD 50 / 4E3/30

Le 12 Aout 1912, il réside à Saint Germain de Tournebut.

La Grande Guerre

Pierre FERRET, soldat de 2ème Classe dans les RI (Régiments d’Infanterie)

Appelé à la mobilisation générale, Pierre FERRET est apte selon la commission de réforme du 19 novembre 1914. Il rejoint le régiment d’infanterie de Cherbourg le 2 décembre 1914.

Le 22 mai 1915, il est transféré au 70ème régiment d’infanterie sur décision du Général commandant la 10 région militaire (décision du 17 mai 1915).
Le 70ème RI sera au feu dès le 2 aout 1914, et perdra tout au long de la Première Guerre Mondiale plus de 2000 officiers ou soldats

Revivez le parcours du 70ème RI lors de la Première Guerre mondiale

Le 27 mai 1915, avec son régiment, Pierre cantonne à proximité de Thélus (Aisne, au nord d’Arras).

Dès le 28 mai, le Régiment subit un intense bombardement de la part de l’artillerie Allemande avec des obus de calibres importants. Ce bombardement ravage les boyaux & tranchées, et le quotidien des troupes est de réaliser des travaux.
Source : JMO 70ème RI

Le 15 Juin le 70ème RI cantonne à Duisans (Ouest d’Arras)

Extrait du Journal de Marche et Opérations (26N658/14) du 70ème RI où Pierre FERRET restera un mois.

Par la suite, Pierre est transféré au 71ème régiment d’infanterie le 19 juin 1915. Il rejoint ce régiment qui a subi de nombreuses pertes suite à l’offensive de mi-juin.

Le 26 Juin le 71ème RI est passé en revue par le Colonel Roux, commandant du Régiment. Puis le Régiment défile dans la Rue Principale de Duisans (Aisne) devant le Général de Corps d’Armée WIRBEL.

Le 13 juillet 1915, Pierre succombe à des blessures de guerre à l’Ambulance 7 à Fosseux (Pas de Calais).

Il aura participé à la Campagne contre l’Allemagne entre le 2 décembre 1914 et le 13 Juillet 1915.

Décès de Pierre Jacques François FERRET

Postérité

Après avoir pu obtenir des éléments de la mairie de Saint Germain de Tournebut, j’ai pu apprendre que Pierre Jacques François a eu au moins un enfant dans cette commune.

Il s’agit de Madeleine Albertine Louise, qui est née au Hameau Renouf (Saint Germain de Tournebut) le 3 avril 1915 et décédée en août 2000. Madeleine a été reconnue ‘Pupille de la Nation’

Son épouse Marie LEROUX se remariera en 1920 avec Albert RENOUF.

Quelques questions se posent néanmoins

  • De quel type de blessures s’agit il?
  • Où se sont elles produites et dans quelles circonstances?
  • Comment trouver des informations complémentaires sur son passage à l’Ambulance?