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LEREVEREND Maurice Eugène

Naissance : 13 juin 1886 à Orglandes (50 – Manche)
Décès : 21 Juillet 1933 à Vindefontaine (50 – Manche)

Maurice est le second fils naturel de Marie Augustine Virginie LEREVEREND (Sosa 41).

Déclaré à l’état civil par son grand père Jean, le 14 Juin 1886 en présence du buraliste et d’un instituteur de la commune, il grandit chez ses grands parents. Sa mère est avec lui et son frère. Il a seulement sept ans quand, le 23 avril 1893, il perd sa mère.

Quand Maurice a 14 ans, son grand-père décède. L’absence de recensement dans la Manche sur cette période, ne me permet pas de préciser chez qui il était alors domicilié, soit chez sa grand-mère ou éventuellement un tuteur membre de la famille.

En 1907, lors de son recensement militaire, Maurice est toujours domicilié à Orglandes chez son tuteur, confirmant ainsi l’hypothèse d’un placement.

Sa grand mère décède en mars 1907.

Ce tuteur peut il être son oncle Léonard , un grand oncle ou tout simplement une autre personne.
L’option de la grand mère Louise VIDEGRAIN, semble à exclure.
Difficile à déterminer, sans avoir plus de documents familiaux ou des jugements.
A noter que lors du décès de sa grand mère en 1907, Maurice n’est pas nommé ni présent.


Parcours Militaire

Incorporé au 6ème Régiment du Génie, basé à Angers, il y arrive le 7 octobre 1907 et y reste en tant que Sapeur Mineur. Il effectue son service Militaire pendant deux ans et sera libéré le 9 septembre 1909 en obtenant un certificat de bonne conduite. Dans le cadre de ses obligations militaire, il effectue une période d’exercices, toujours au 6ème Régiment du Génie du 20 février au 14 mars 1911, toujours à Angers.

Première Guerre mondiale

Appelé lors de la mobilisation générale du 1 août 1914, il rejoint le 6ème Régiment du Génie à Angers le 3 du même mois.

Maurice est affecté à la 4ème compagnie du 11ème Bataillon sous le commandement du Capitaine PRIAUD. Cette compagnie comporte 4 officiers et 264 hommes en mars 1915.

La compagnie est basée à Angers pendant les premiers mois de la guerre, et rejoint le front le 8 août 1915. Le trajet s’effectue en train conjointement avec la 3ème compagnie et le convoi arrive à Challerange dans les Ardennes le 10.

Il reste au front jusqu’au 23 octobre 1915, avant d’être évacué pour maladie.

Maurice reste à l’arrière, loin du front

Il ne réintègre son régiment que le 30 décembre de la même année.

Maurice, Sapeur Mineur

Incorporé en tant que sapeur mineur de seconde classe dans le 6ème Régiment du Génie, Maurice se trouve à Angers.

Les Journaux de Marche & Opérations nous permettent de suivre le quotidien de la 4ème compagnie du 11ème bataillon.
Ces journaux, comprenant 8 volumes et plus de 600 pages, offrent un aperçu détaillé de la vie quotidienne de la 11/4 pendant la Première Guerre Mondiale. Vous pouvez les consulter sur le site Mémoire Des Hommes.

On apprend que la compagnie stationne dans l’Aisne, à proximité de Aizy-Jouy, dans la zone de Bois Marcon.

Le J.M.O. référencé 26N1291/14 précise : “27 mai 1918 : A 1 heure déclenchement du tir d’artillerie ennemi sur les positions avant & arrière par obus toxiques et explosifs. Nos troupes se repliant, le Parc de la Cie quitte le cantonnement du Bois Marcon & passe l’Aisne sur les Ponts de Vailly à 9 heures se dirigeant vers Chassemy.”

6ème Régiment du Génie  - Pertes offensive mai 1918
Les pertes de la compagnie 11/4 lors
de l’attaque allemande du 27 mai 1918

C’est lors de ce repli suite à l’attaque allemande que disparait Maurice. Il est alors considéré comme disparu.

Décédé? Prisonnier ? On ne le saura que plus tard !

Prisonnier de Guerre

Quelques temps après cette disparition, le nom de Maurice apparait dans le numéro du 12 septembre 1918 de la Gazette des Ardennes (Journal de propagande allemande en langue française, pour les territoires occupés).

A ce moment, on apprend l’internement de Maurice dans le camp de Cassel-Niederzwehren et s’y trouvent différents sapeurs du 6ème Génie :

  • Maurice LEREVEREND de Vindefontaine (Manche)
  • Jean LEBAULAIN de Landelle (Morbihan)
  • Pierre LE BAUT de Pleyben (Finistère)
  • François LELOUP d’Arche-en-Rouge (Indre et Loire)
  • Albert LEHUNSEC de Lorient (Morbihan)
  • Théophile LE GAL de Crédin (Morbihan)
  • Pierre LOUBOUTIN de Pouldavède (Finistère)
  • Marcel MALLE de Saint Laurent (Tarn)
  • Joseph MARIN de Lalande (Vienne)
Extrait de la Gazette des Ardennes
Edition du 12 septembre 1918

Aucune fiche individuelle de la base des prisonniers de la Croix Rouge ne laisse apparaitre le nom de LEREVEREND ou de REVEREND (différentes variantes ont été testées sans avoir plus d’information).

Les camps d’internement fréquentés par Maurice Lerévérend

Cassel-Niederzwehren

Par contre en feuilletant les listes de la Croix Rouge, j’ai pu trouver un indice qui m’a amené à découvrir le passage de Maurice par le camp de Cassel.

Entête de la liste n°542 des prisonniers du camp de Cassel en date du 26 juin 1918
Ci dessus la ligne précisant la présence au camp de Cassel de Maurice LEREVEREND,
en provenance du front ‘Chemin des Dames’. A noter l’écart sur la date de naissance.
Autre information la personne à prévenir : Mme Vve VINCENT, à savoir sa future épouse : Marie MASSON
Friedrichsfeld

Après avoir été à Cassel, on trouve le transfert de Maurice vers le camp de Friedrichsfeld.

Ce camp n’est pas mentionné sur sa fiche.

Entête de la liste n°78 des prisonniers du camp de Friedrichsfeld en date du 15 juillet 1918
Le plus proche parent noté sur cette liste de prisonnier est M.LEREVEREND à Oglande

Mise à jour du 09/12/2023 : La recherche des éléments auprès de la Croix Rouge, suite à une de mes demandes, permet d’apprendre que les listes numérisées ne sont pas exhaustives. Il peut y avoir des oublis, c’était le cas de Maurice (cf cet article).

Il va me falloir essayer de récupérer le dossier militaire de Maurice.

Maurice fréquente donc plusieurs camps de prisonniers en 6 mois :

  • Cassel-Niederzwehren
    Premier camp d’internement effectué, à compter du 26 juin 1918, il y aurait beaucoup à dire sur la vie des prisonniers à Nierderzwehren (mauvais traitements, épidémies,…).
    Situation Géographique : Est de Dortmund / Sud de Hanovre.
  • Friedrichsfeld
    Situation Géographique : proximité de Duisbourg & Cologne
  • Bad Langensalza
    à 75 km à l’est-sud-est de Cassel.
  • Merseburg
    Situation Géographique : Est de Leipzig à près de 1000 km du domicile de Maurice

Le site Chtimiste.com à visiter impérativement

A partir du moment où j’ai trouvé trace de combattants de la Grande Guerre dans mes ancêtres, j’ai voulu retrouver des portraits, des témoignages, des photos des champs de batailles, des camps de prisonniers. Je suis très vite arrivé sur le site de ‘Le Chtimiste’. Une immense base de données (photos, récits, témoignages, …) simple d’utilisation qui nous permet de revivre ce qu’il s’est passé il y a un peu plus d’un siècle.

Les deux images de la seconde ligne sont gracieusement mises à disposition par le Musée Culturel de Merseburg suite à ma demande. Qu’ils en soient remerciés. (mise à jour du 09/12/2023)


La libération de Maurice intervient le 8 décembre 1918, un mois après l’armistice et se rend au D.G.J. de la Xème région militaire 6 jours plus tard.

Il reste pour moi encore des zones d’ombre dans le parcours du combattant de Maurice Lerévérend, mais je ne désespère pas de trouver de plus amples informations.


L’après Guerre – Maurice Lerévérend rentre à Vindefontaine

Démobilisé le 4 avril 1919, Maurice se retire au village de la Maresquerie à Vindefontaine.

Le 13 mai 1919, Maurice Eugène LEREVEREND épouse Marie Augustine Clémence MASSON à Vindefontaine en présence du père de la mariée.

Ils se connaissent depuis au moins 4 ans, puisqu’ils ont échangé une correspondance pendant la guerre.

Ils vivent ensemble à la Maresquerie.

Conflit de voisinage

En 1926, quelques petits soucis de voisinage font apparaitre Maurice LEREVEREND dans la presse.

Malheureusement pas de recensements disponibles dans la Manche, ce qui aurait été bien utile pour confirmer que Maurice & Mélina LUCE étaient bien voisins. Tous ces documents ont disparu lors du bombardement de Saint Lô en Juin 1944. Bombardements qui ont réduit la ville et les Archives Départementales en cendres.

Le 8 octobre 1920 nait son fils Maurice Jean Baptiste Alphonse, mon grand-père maternel.

Maurice Eugène LEREVEREND décède en son domicile de la Maresquerie (Vindefontaine), le 21 juillet 1933.

Réflexion

Le parcours militaire de Maurice m’a fait découvrir son statut de prisonnier de guerre, et je n’en savais rien. Retracer ce parcours a été complexe.
Il y a toujours des informations que l’on doit déconstruire quand on fait de la généalogie. Les fameuses légendes qui traversent les âges, mais là c’est un cas de figure opposé. Il faut construire un parcours. J’ai été très surpris de cette découverte. Jamais je n’avais entendu parler d’un Arrière Grand Père ayant fait la Grande Guerre et encore moins Prisonnier.

Cette étape de sa vie n’a pas été gardée dans la mémoire familiale ou bien elle n’a jamais été abordée.
Les différentes personnes survivantes interrogées n’avaient pas connaissance de ce statut de prisonnier.

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FERRET Pierre Jacques François

Naissance : 5 Janvier 1884 – Saint Martin d’Audouville (50 – Manche)
Décès : 13 Juillet 1915 – Fosseux (62 – Pas de Calais)

Fils de FERRET Auguste Pierre Maurice & de PALLAS Marie Joséphine.
Il n’est pas un ancêtre direct, mais le frère de Jacques Pierre Auguste FERRET (Sosa 18).


En 1904, il effectue son service national. On y apprend qu’il souffre d’une hypertrophie du cœur, mais qu’il est aussi de petite taille : 1m59

Description physique de Pierre Jacques François FERRET
Site Mémoire des Hommes - Copie de la fiche de Pierre Jacques François FERRET
Copie de la fiche sur le site Mémoire des Hommes

En 1909, Pierre réside à Saint Martin d’Audouville.

Il épouse Marie Louise Augustine Eugénie LEROUX le 24 Aout 1909 à Saint Germain de Tournebut.
Source : AD 50 / 4E3/30

Le 12 Aout 1912, il réside à Saint Germain de Tournebut.

La Grande Guerre

Pierre FERRET, soldat de 2ème Classe dans les RI (Régiments d’Infanterie)

Appelé à la mobilisation générale, Pierre FERRET est apte selon la commission de réforme du 19 novembre 1914. Il rejoint le régiment d’infanterie de Cherbourg le 2 décembre 1914.

Le 22 mai 1915, il est transféré au 70ème régiment d’infanterie sur décision du Général commandant la 10 région militaire (décision du 17 mai 1915).
Le 70ème RI sera au feu dès le 2 aout 1914, et perdra tout au long de la Première Guerre Mondiale plus de 2000 officiers ou soldats

Revivez le parcours du 70ème RI lors de la Première Guerre mondiale

Le 27 mai 1915, avec son régiment, Pierre cantonne à proximité de Thélus (Aisne, au nord d’Arras).

Dès le 28 mai, le Régiment subit un intense bombardement de la part de l’artillerie Allemande avec des obus de calibres importants. Ce bombardement ravage les boyaux & tranchées, et le quotidien des troupes est de réaliser des travaux.
Source : JMO 70ème RI

Le 15 Juin le 70ème RI cantonne à Duisans (Ouest d’Arras)

Extrait du Journal de Marche et Opérations (26N658/14) du 70ème RI où Pierre FERRET restera un mois.

Par la suite, Pierre est transféré au 71ème régiment d’infanterie le 19 juin 1915. Il rejoint ce régiment qui a subi de nombreuses pertes suite à l’offensive de mi-juin.

Le 26 Juin le 71ème RI est passé en revue par le Colonel Roux, commandant du Régiment. Puis le Régiment défile dans la Rue Principale de Duisans (Aisne) devant le Général de Corps d’Armée WIRBEL.

Le 13 juillet 1915, Pierre succombe à des blessures de guerre à l’Ambulance 7 à Fosseux (Pas de Calais).

Il aura participé à la Campagne contre l’Allemagne entre le 2 décembre 1914 et le 13 Juillet 1915.

Décès de Pierre Jacques François FERRET

Postérité

Après avoir pu obtenir des éléments de la mairie de Saint Germain de Tournebut, j’ai pu apprendre que Pierre Jacques François a eu au moins un enfant dans cette commune.

Il s’agit de Madeleine Albertine Louise, qui est née au Hameau Renouf (Saint Germain de Tournebut) le 3 avril 1915 et décédée en août 2000. Madeleine a été reconnue ‘Pupille de la Nation’

Son épouse Marie LEROUX se remariera en 1920 avec Albert RENOUF.

Quelques questions se posent néanmoins

  • De quel type de blessures s’agit il?
  • Où se sont elles produites et dans quelles circonstances?
  • Comment trouver des informations complémentaires sur son passage à l’Ambulance?